03 février 2006
So you came along, I pushed you away but I begged and screamed for you to stay 'cause I needed someone to help me...
Je voudrais te dire merci, pour tout ce que tu as fait pour moi, pour tous ces moments qu'on a passés toutes les deux. J'ai ri, pleuré, j'ai eu peur, j'ai été joyeuse, j'ai déjà passé la moitié de ma vie avec toi... Sans m'en rendre compte, les années ont passées, et tu es toujours restée à côté de moi...
Quand je déprimais, que j'allais mal, bref, que j'étais seule et bien tu étais là. Il n'y avait personne qui savait, hormis toi. Je me rends compte maitenant que ça a dû être une grosse tâche de garder ça pour toi. Je m'excuse...
Quand j'ai rechuté, t'as encore une fois été là pour moi. Et quand je suis partie à l'hôpital, t'avais pas l'air d'avoir flippé, t'as pris pas mal de choses en main. Tu as fait bonne figure devant tout le monde, tu leur as caché l'horrible vérité. Merci...
J'étais paumée, désespérée et seule, souriant à l'extérieur mais blessée sous ma peau, mon âme, mon intérieur entier saignait, j'étais écorchée vive. Je faisais tout pour que ça aille mieux, mais ai-je vraiment essayé? Tu m'as aidée à guérir ces blessures qui avaient été ouvertes trop longtemps et j'avais besoin de toi pour m'aider à les recoudre.Et même si t'y étais pour rien, tu t'es impliquée. Et j'ai saigné, oui, et mon coeur était ouvert, mon âme aussi. Et tu t'es approchée, je t'ai repoussé mais j'ai crié, supplié et tapé des pieds pour que tu restes, parce que je savais le bien et l'aide que tu m'apportais. Oui, j'avais besoin que quelqu'un m'aide à les recoudre et à les fermer...
Merci...
Every day, every little thing was the same but I saw the light in the shadows of my life
Longtemps, je l'ai aimé... Je l'aime toujours, en fait... Mais je viens de réaliser, de m'apercevoir que c'était bien fini. J'ai longtemps essayé de me dire que non, c'était faux, qu'on s'aimait toujours, j'ai essayé, en vain, de m'accrocher à chaque signe qu'il aurait pu me lancer, mais je me suis trompée sur toute la ligne. Et j'ai décidé d'ouvrir les yeux, même si ça fait mal, même si c'est dur à avaler et que j'arriverai probablement jamais à digérer...
Et c'est en partie grâce à LUI. Je l'avais déjà vu au début de l'année, mais j'étais encore aveuglée par la lumière qu'il me lançait. Et quand j'ai ouvert les yeux, je l'ai vu sourire, j'ai vu ses cheveux noirs, ses yeux bleus si profonds, son rire... son rire! Attirant, charmeur... Il vient de larguer sa pouf'... Un sourire??
02 février 2006
I tried to be perfect, but nothing was worth and I don't believe it makes me real
Quand je l'ai croisée ce jour-là dans le couloir encombré, je ne croyais pas que c'était elle, qu'elle était sortie de l'hôpital dans lequel je l'ai rencontrée la première fois. D'abord parce que je ne l'avais pas bien vue et aussi parce que je pensais que, dès qu'elle aurait franchi son premier palier, elle m'aurait envoyé de ses nouvelles. Je l'ai revue après... J'en étais sûre, elle était bien revenue.
Mais elle ne m'a pas adressé la parole, elle n'est pas venue me voir, elle qui m'avait dit que je lui apportait de l'aide dans les moments difficiles qu'elle vivait pendant sa maladie. Non, elle m'a ignorée. Et moi, j'y croyais, je pensais qu'elle me reconnaîtrait, qu'elle me prendrait dans ses bras en me disant qu'elle étais heureuse de me revoir. Mais non... Peut-être qu'elle ne veut plus repenser à ce moment douloureux et difficile qu'était son hospitalisation. Mais moi je ne l'ai pas oubliée:elle a connu ce même endroit. Elle que je connaissais depuis seulement deux heures, elle savait des choses que tous mes proches ignoraient et ignorent encore, contexte oblige. Quand elle m'a vue arriver dans sa chambre d'hôpital avec mon bandage au poignet, elle ne s'est pas tout de suite dit que j'étais "une suicidée". Et j'ai sûrement manqué de tact quand je lui ai dit:"T'es anorexique?" Mais je ne savais pas quoi lui dire quand elle m'a demandé ce que j'avais. Mais elle l'a bien pris.
Au lycée, avec ses amis, elle semblait totalement différente. Mais quand je l'ai vue seule en train d'étudier au CDI, elle avait retrouvé ce visage que je connaissais si bien. Je trouvais ça étrange, de ne plus la voir maigre. Et pourtant...
Alors qu'elle était seule, j'aurai pu, moi, aller la voir pour lui parler, mais je n'ai pas osé. Peut-être que finalement, elle aussi ressent ça. Je veux aller la voir pour qu'on parle toutes les deux. On n'a pas le droit d'effacer si facilement l'expérience qu'on a vécu en commun... Une terrible expérience... L'unité adolescent... Pour les jeunes qui ont des problèmes avec eux-mêmes... Une sorte d'hôpital psychiatrique, plus soft...
Tu lui ressembles...
On m'a souvent dit que je lui ressemblais...
Depuis que je suis petite, on m'a dit "T'es son portrait tout craché!"
Mais je l'ai toujours dit:"Non, je ne lui ressemble pas, je ne suis pas elle. Quand vous me parlez, ce n'est pas à elle que vous vous adressez."
Je suis moi, que vous le vouliez ou non. Elle n'est pas ce que je voudrais être! A mes yeux, elle est grande, responsable, adulte, raisonnable. Elle ne boit pas, ne fume pas, ne dit pas de gros mots... Elle n'a aucun moment d'égarement. Elle est la description de la perfection. Mais je n'aime pas ce qui est parfait, ce qui ne bouge pas, ce qui reste tranquille, sans jamais rien dire, sans agir...
Non, je ne veux pas lui ressembler. Mon corps refuse de lui ressembler d'ailleurs...
Et pourtant, malgré tout ce que je lui ai reproché, reproche, ce que je lui ai dit et fait, c'est elle qui a été la plus forte quand ça allait pas. Elle s'est battue sur tous les fronts, encore une fois, elle a tout maîtrisé, elle a été... parfaite.
Et cette perfection a aidé tout le monde à tenir bon. Je lui en veux, oui, je lui en veux. Mais je ne peux pas lui reprocher ça. Je voudrais lui dire que je l'ai trouvée remarquable sur ce coup-ci, la remercier aussi. Mais je n'y arrive pas... Pourtant...






